Municipales 2026 à Bordeaux : Nicolas Pereira, la bonne prise « écolo » de Dessertine
À 34 ans, le créateur du World Impact Summit rallie le candidat Philippe Dessertine et incarne désormais son projet concret de « transformation écologique » de la ville.
Par Adrien Vergnolle
Top : je suis un conseiller municipal et métropolitain de 34 ans, élu en 2020 sur la liste Florian-Cazenave, entrepreneur dans la « green tech » et connu pour avoir créé en 2018 le World Impact Summit, ce sommet mondial annuel qui a permis d’inviter à Bordeaux des personnalités comme Hillary Clinton, Jane Goodall ou Paul Watson, entre autres ministres et leaders économiques, autour des défis d’une écologie « positive » et « de solutions ». Je suis, je suis… Nicolas Pereira, le nouveau « monsieur écologie » de Philippe Dessertine, ainsi rallié à l’économiste médiatique, candidat de « l’optimisme » et potentielle surprise du scrutin. Vu les réseaux et le profil, la prise est belle.
« La transition écologique en claquant des doigts, ça n’existe pas », dit Nicolas Pereira, pour qui « les entreprises, société civile, institutions sont capables d’agir de façon concrète ». Il incarne une forme d’écologie libérale (ou « de droite », vu du camp d’en face) pour qui l’innovation et l’économie sont les leviers d’une transformation environnementale « rationnelle », assez loin du modèle « décroissant » porté par une partie de la liste adverse. Habile façon de montrer que le maire sortant n’a pas le monopole du « pragmatisme ». Ni les écolos celui… de l’écologie, fût-elle une opportunité de croissance plus qu’une contrainte idéologique.

« Transformation profonde »
Du mandat qui s’achève, Pereira ne dit pas que « tout a été mal fait, ce serait faux », mais regrette une « vision souvent dogmatique » : « L’écologie à la EELV, celle de la résilience et de la sobriété, est dépassée », affirme le créateur en 2017 de Solylend, une plateforme de financement participatif dédié à la transition, qui revendique une écologie « robuste » et « pas seulement pensée pour le centre-ville ». « Planter des arbres, c’est facile et ça se voit », compare celui qui veut « s’atteler à une transformation plus profonde » pensée en « cinq actes » prochainement dévoilés (il y sera notamment question de « l’enjeu de l’eau », celle du niveau des océans qui monte et celle qui peut rafraîchir la ville, ou du « soutien nécessaire » aux entreprises « engagées »).
Candidat de Nouvelle Donne aux régionales en 2015 (à 24 ans), cet enfant de Salles avait rejoint Nicolas Florian aux municipales bordelaises de 2020, puis, au nom d’Écologie positive (le parti de Yann Wehrling, cet ex-EELV passé au MoDem), avait choisi Nathalie Delattre dans la primaire à droite finalement remportée par Thomas Cazenave. « Libéré » de tout engagement, c’est désormais au nom de « la société civile » que Nicolas Pereira se présente aux côtés de Philippe Dessertine, chez qui il a trouvé « un fond très fort », un candidat « convaincu et convaincant ». Et, a priori, une place vers le sommet de la liste : il a participé à construire le projet et remplacera même le candidat mercredi 18 février lors d’un débat sur le « bien manger » organisé par un collectif d’associations au Garage moderne – sa première sortie publique.


