«Je ne rallierai personne» : à Bordeaux, Dessertine écarte l’éventualité d’un accord avec Cazenave pour les municipales

Mar 11, 2026 | Le Figaro

Alors qu’un sondage publié par Politico ce mardi l’annonce troisième avec 17% des voix au premier tour des élections municipales dimanche, l’économiste Philippe Dessertine veut croire en ses chances de victoire.

Par  Marie-Hélène Hérouart,

Il entend bien créer la surprise. À 62 ans, l’économiste Philippe Dessertine est annoncé comme le troisième homme pour les élections municipales de dimanche à Bordeaux. Selon un dernier sondage publié ce mardi matin par Politico, il récolterait 17% des voix à l’issue du premier tour, derrière le candidat Renaissance Thomas Cazenave (26%) et le maire écologiste sortant, Pierre Hurmic (31%).

Alors que beaucoup se demandent s’il pourrait s’allier avec Thomas Cazenave pour faire basculer l’élection, le candidat a convoqué la presse mardi après-midi pour lever tout doute. «Je n’en peux plus des rumeurs : je ne me rallierai à personne, oubliez totalement cette option, il y a une fin de non-recevoir absolue. J’irai au bout car comme le disait Edgar Faure : “Ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c’est le vent”», a martelé le candidat. Avant d’insister : «De quel droit Thomas Cazenave peut-il imaginer que mes électeurs voteraient pour lui au second tour, comme il l’a fait sur les réseaux sociaux ce mardi en additionnant mes voix aux siennes ?»

L’économiste, qui prépare sa campagne depuis plusieurs années, estime qu’il est temps de «sortir des logiques politiques traditionnelles» qui prêtent à penser que «les électeurs seraient enfermés dans un vote»«Je réfute l’idée que je ferai gagner ou perdre Pierre Hurmic , les électeurs sont souverains et la logique partisane blesse la démocratie française. Si les électeurs veulent voter pour quelqu’un d’autre que moi, ils le feront», a attaqué Philippe Dessertine. Et de tacler : «Thomas Cazenave est l’ancien ministre des Comptes publics d’Emmanuel Macron, il ne pourra pas être maire de Bordeaux et une immense partie de mon électorat refuse autant sa vision que sa logique macroniste».

Mue politique

Convaincu que les sondages ne lui rendent pas justice et qu’ils sous-estiment largement la dynamique qu’il observe sur le terrain, Philippe Dessertine croit en ses chances de victoire. «En septembre, nous étions à zéro, aujourd’hui nous sommes un phénomène politique incontestable à Bordeaux, a souligné l’économiste. J’ai 1400 militants qui travaillent jour et nuit sur le terrain. Bordeaux a besoin d’une alternance, nous sommes une liste de réenchantement du système politique et nous sommes le vote gagnant.»

«Qui a perdu la ville il y a six ans ? Thomas Cazenave, avec le quarteron d’anciens d’Alain Juppé  et de Nicolas Florian  qu’il a recyclés sur sa liste pour réécrire le même programme qu’il y a six ans. L’alternance, si elle existe, c’est celle de notre liste», a encore insisté le candidat de la société civile. Avant de conclure : «Je siégerai au conseil municipal, quoi qu’il arrive et ce sera au siège de maire. Attendez dimanche, soyez patients.»