« Coups bas », « pressions », « sentiment terrible » : pourquoi Philippe Dessertine a retiré sa candidature à Bordeaux à la dernière minute ?
Par América Lopez , Elise Galand et Marie-Pierre Dabrigeon
La rumeur de son retrait de la course à la mairie de Bordeaux a couru toute la journée de ce mardi 17 mars. Et puis, dans la soirée, l’économiste libéral Philippe Dessertine l’a confirmé, sans donner de consigne de vote. Si le candidat macroniste Thomas Cazenave « salue » cette décision, l’écologiste Pierre Hurmic dénonce « des pressions » et « une brutalité dans le débat démocratique ».
Pourquoi se retirer à la dernière minute ?
Les mots prononcés hier soir par Philippe Dessertine lors d’une déclaration grave et solennelle, dans une salle cantonale, sont en totale opposition avec le discours tenu durant toute la campagne. Pour autant l’économiste assure « avoir pris le temps de la décision » entre les résultats de dimanche soir et ce mardi, date limite pour déposer sa liste en préfecture. « Nous devions nous retirer de la course à la mairie, dès lors que nous avions la très forte probabilité de perdre », assure-t-il interrogé par la presse.
« Il y a beaucoup de facteurs qui peuvent expliquer cette décision et je vous assure que des pressions, amicales et non amicales, j’en reçois et nous en recevons depuis des mois ».
Nous sommes des candidats hors système et la politique n’aime pas les candidats hors système.
Philippe Dessertine, candidat citoyen aux élections municipales à Bordeaux
Mais concernant d’éventuelles pressions, il répond que la tribune signée par le président du Sénat Gérard Larcher et la colistière de Thomas Cazenave, Nathalie Delattre pour soutenir le candidat macroniste, n’a pas joué de rôle dans sa décision. »Absolument pas », « les lettres d’élus ne m’intéressent pas, la fusion ne m’intéresse pas », a-t-il assuré, martelant que la seule raison de son retrait « c’est ne pas pouvoir gagner ». Pourtant dans la journée, un de ses colistiers aurait confié « que la pression venait de très haut »…Un secret pour l’heure bien gardé.
« Coups bas et pressions »
Pour le maire sortant et candidat à sa réélection, Pierre Hurmic, les pressions ne font aucun doute dans la décision de son adversaire. « Je regrette le retrait de Philippe Dessertine, mais surtout les méthodes employées. Et dénonce ces méthodes « qui n’ont pas leur place ici ».
J’ai entendu parler ce soir d’attaques, de coups bas, de pression, c’est-à-dire de brutalité du débat démocratique. Une sorte d’importation du débat politique national, ici, à Bordeaux.
Pierre Hurmic, Maire de Bordeaux, candidat à sa réélection
Philippe Dessertine, un candidat embarrassant à droite ? Avec ce retrait, on passe d’une triangulaire à un duel plus classique gauche droite « qui n’inquiète pas » le candidat écologiste. « Ce soir, je me sens encore plus déterminé et combatif pour éviter que Bordeaux ne connaisse, lundi matin, le macronisme municipal ». Pierre Hurmic appelle tous les électeurs à se rassembler derrière sa liste. « Ce macronisme a déjà abîmé la France, je ne tiens pas qu’il se décline localement et abîme Bordeaux. Les Bordelais, choqués par ces méthodes, se retrouveront derrière un candidat qui ne les a pas habitués à ça, je ne veux pas du drapeau du macronisme à Bordeaux ».


