Municipales à Bordeaux : le troisième homme Dessertine, de la percée électorale aux « clés du scrutin »

Fév 27, 2026 | Sud-Ouest

Le sondage réalisé par « Sud Ouest », LCI et Sud Radio, qui place Pierre Hurmic, le maire sortant écologiste, en tête du premier tour mais sans réserve de voix conséquente, met en lumière la nécessité d’une alliance d’entre-deux-tours pour son principal adversaire, le macroniste Thomas Cazenave, avec l’économiste Philippe Dessertine

Par Daniel Bozec

Municipales à Bordeaux : le troisième homme Dessertine, de la percée électorale aux « clés du scrutin »

Une alliance pour dénouer l’élection municipale à Bordeaux ? S’il place l’écologiste Pierre Hurmic, en tête du premier tour, le sondage publié par « Sud Ouest », LCI et Sud Radio, mercredi 25 février, draine son lot d’incertitudes. Crédité de 33 % des voix, le maire sortant doit s’accommoder sur sa gauche de la présence de Nordine Raymond, candidat de La France insoumise en mesure de se maintenir (12 %). Un sort similaire est réservé à son principal opposant, le député et ancien ministre macroniste Thomas Cazenave (25 %), à la tête d’une liste de droite et du centre, lui-même « challengé » par l’économiste Philippe Dessertine, nouveau venu en politique (15 %).

Hurmic, Cazenave, même combat ? « Ils ont tous les deux leur épée de Damoclès », résume Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop. Car ceux qui attendent des éclaircissements d’entre-deux-tours en seront pour leurs frais, a fortiori si, sur ces entrefaites sondagières, la campagne s’emballe enfin. Mais Thomas Cazenave ne s’en cache pas, il fait ouvertement des appels du pied à Philippe Dessertine, dont la percée notable semble se tasser depuis l’automne, époque à laquelle l’économiste émargeait déjà entre 11 et 14 % des intentions de vote.

« Désolé de vous décevoir »

Interrogé au grand débat des municipales organisé par TV7, ce jeudi 26 février, Dessertine, qui revendique une liste société civile, se refuse à « tirer des plans sur la comète », citant un certain… Thomas Cazenave candidat en 2020 : « Je me maintiendrai parce que je veux un nouveau projet pour Bordeaux et une nouvelle équipe. » Et d’ajouter, à toutes fins utiles : « Je ne suis pas un politique traditionnel, désolé de vous décevoir sur ce point. » Conclusion de Cazenave, qui a beau jeu de mettre l’alternance dans la balance : « Philippe Dessertine a entre les mains une partie des clés du scrutin. »

S’il n’est pas à l’abri, en cas de ralliement de Dessertine à Cazenave, sinon d’une défaite (35 % contre 37 % pour Cazenave, étant précisé que la marge d’erreur est de 3 %), du moins d’un score serré, Pierre Hurmic reste droit dans ses bottes, lui qui rejette avec constance toute alliance avec La France insoumise : « J’ai un socle dur de partis politiques d’une gauche de gouvernement » défend-il. « Une élection se gagne si on va chercher l’électeur et l’électrice un par un et une par une. »

Le téléphone de Raymond

Nordine Raymond s’en tient à son discours habituel : s’il vire en tête, le candidat LFI « tendra la main à l’ensemble des gauches ». Et si, option pour l’heure très privilégiée, le maire le devance ? La veille, lors de la présentation de sa liste, Raymond avait ce mot : « Mon téléphone sera allumé toute la nuit et s’il ne sonne pas, ce sera à lui d’assumer son choix. »

Dans le petit monde de la gauche bordelaise, il y a aussi Philippe Poutou, ex-syndicaliste de Ford Blanquefort, trois fois candidat anticapitaliste à la présidentielle. Conseiller d’opposition sortant, il ne forme plus d’attelage avec LFI pour la simple et bonne raison que celle-ci… « n’exclut pas une alliance avec Hurmic ». « Pour nous, c’est hors de question. Il a expulsé des squats, armé la police municipale, etc. » Tout juste entré en campagne, le nouveau libraire est crédité de 5 %.