Municipales 2026 à Bordeaux : entre fréquentation des politiques et ligne « citoyenne », Philippe Dessertine sur une ligne de crête ?

Fév 21, 2026 | Sud-Ouest

Nouveau venu en politique, Philippe Dessertine mène une campagne très « société civile ». Mais, à l’approche du premier tour, les langues se délient dans le camp Cazenave, pour mieux rappeler ses balbutiements, un temps pas si lointain où il frayait autant avec les Républicains qu’Horizons

Par Daniel Bozec

Municipales 2026 à Bordeaux : entre fréquentation des politiques et ligne « citoyenne », Philippe Dessertine sur une ligne de crête ?

Novice en politique, Philippe Dessertine remplira-t-il le Théâtre Fémina pour son premier « grand meeting », lundi 23 février ? Fort possible, car le candidat aux élections municipales de Bordeaux se prévaut déjà de « 900 réservations », pour une jauge de 1 100 sièges. Il est sans doute l’attraction d’une campagne pour l’heure indolente, se distinguant notamment par son positionnement « citoyen », sans étiquette partisane, réfutant au passage celle d’économiste « libéral ». « Société civile » jusqu’au bout des ongles : il en a fait une marque de fabrique. « Un écran de fumée », s’agace ouvertement Géraldine Amouroux, cheffe de file des Républicains et soutien de Thomas Cazenave, le candidat macroniste. Car il fut un temps pas si lointain où Philippe Dessertine fréquentait autant les Républicains qu’Horizons.

« On sentait quelques approches, des danses du ventre », raille Marc Lafosse, délégué du parti d’Édouard Philippe à Bordeaux, qui remonte l’horloge jusqu’au 26 janvier 2025, il y a plus d’un an. Le jour de la mort de Nicolas Florian, décédé des suites d’un AVC, mais aussi du congrès national d’Horizons, à Bordeaux-Lac. Philippe Dessertine est là, « parmi les gens placés au premier rang », et pas seulement en qualité d’époux de Laurence, conseillère départementale, ex-adjointe d’Alain Juppé, et à l’époque co-référente départementale d’Horizons. En coulisses, notamment à une réunion avec les militants, Lafosse observe, dit-il « le petit travail effectué par le collectif Dessertine ». Laurence Dessertine se met en retrait au mois de mai.

« Ce professeur Dessertine »

Début octobre, Dessertine rencontre à Paris Bruno Retailleau, président des Républicains, lequel l’aurait sondé sur ses intentions alors que la droite se reconstitue, dans un premier temps, autour de la candidature de Nathalie Delattre, sénatrice du Parti radical. Sollicité par « Sud Ouest », Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine et président de la commission d’investiture du parti, s’en fait lui-même l’écho : « Après le décès de Nicolas Florian, nous n’avions pas de leader LR susceptible de conduire une liste. Bruno Retailleau a lui-même évoqué ce professeur Dessertine qu’il avait rencontré et qui pouvait être une solution… »

« Une histoire en dents de scie, des hauts, des bas, des rendez-vous manqués »

Fin de non-recevoir côté Dessertine, qui a engagé officiellement sa campagne à la mi-septembre. Le soutien de LR à Nathalie Delattre se formalise définitivement à travers Géraldine Amouroux, sa co-directrice de campagne, désignée « cheffe de file » du parti pour les municipales courant novembre. S’ensuit l’épisode poussif des sondages, dans lequel Cazenave et Delattre manquent de s’embourber, avant que l’union ne soit décrétée, in extremis avant les fêtes de fin d’année, le 18 décembre.